Normandie avril 2022

| avril 28, 2022

Prospection en basse Normandie entre la côte d’Albâtre et la côte de Nacre du vendredi 15 avril au lundi 18 avril 2022.

Avril, 2022 – 9 adhérents à la SMPD prennent la route pour Dives-sur-Mer. L’objectif étant la prospection, au pied des falaises, dans les couches du Cénomanien, du Bajocien et d’Oxfordien. L’accès aux falaises proprement dites est interdit afin de préserver la biodiversité de la flore et de la faune et d’assurer la sécurité des visiteurs quant aux risques d’éboulement. Le respect des consignes sera donc évidemment strictement appliqué, le ramassage d’échantillons sur des blocs éboulés suffisant largement.

Vendredi 15 avril 2022, la météo très favorable, la circulation plutôt fluide, la marée basse, ont permis le début des prospections dès notre arrivée vers 15h00.
Sous un soleil radieux, la plage de Houlgate et ses falaises de l’Oxfordien offrent aux passionnés de nombreux et magnifiques fossiles (mollusques, oursins, éponges, restes de reptile marin et dents de requin). En moins de 2 h, huîtres (gryphées) de bon calibre, Lophas finement ciselées, ammonites Cardioceras … etc prélevées sur la plage, alourdissent déjà les sacs à dos.
La suite de l’après-midi est dédiée à l’installation au gîte (le camping le Conquérant)
situé à Dives-sur-Mer et aux tâches administratives : Ce camping propose des bungalows récents hyper bien équipés avec terrasses ombragées, une piscine, des aires de jeux. La clientèle familiale se révèle tolérante aux nuances sonores produites par notre groupe au cours de repas pris exclusivement en terrasse.
Notre première soirée, super sympathique, s’est terminée devant une plancha bien achalandée. Merci Joël le plancha-man, merci Philippe le cuisinier, merci Véro l’hôtesse d’accueil en terrasse. Merci aux 6 autres participants qui ont également partagé les tâches collectives courantes (courses, inventaires des bungalows, apport de produits gastronomiques, ménage, photos…) Merci aux conducteurs et merci à nos voisins proches au gîte.

Samedi matin 8h00, 11°C, ciel bleu intense, soleil, pleine mer à 11h00, coefficient de marée 95. 20 °C au maximum.
De bonne heure et de bonne humeur, le petit déjeuner, en terrasse permet de prendre des forces et d’organiser le planning de la journée : départ vers le cap d’Antifer, rendez-vous avec notre guide local Alain, tourisme au pont de Normandie, chantier d’éoliennes marines au Havre, Saint-Jouin-Bruneval et le site pétrolier du cap d’Antifer, baignade possible et pique-nique fouille puis dîner chez Nathalie et Alain.
La prospection se déroule dans l’affleurement du Cénomanien en empruntant, à marée descendante la magnifique plage de galets blancs truffée de silex et de calcédoine. Ces derniers présentent des géodes remplies de charmants cristaux roses ou bleus.
La collecte a récompensé les prospecteurs : pyrites, oursins, bivalves, gastéropodes, ammonites, éponges.. Aucune dent de requin n’a été clairement identifiée ce jour, mais quelle énorme consolation : Némo a trouvé LE NAUTILE. Laissons au capitaine Némo l’anonymat à moins qu’il ne décide de présenter lui-même son butin.
La journée s’est terminée chez Nathalie et Alain, après :
– la visite de la collection paléontologique personnelle d’Alain. Il stocke, expose, classe, identifie de manière claire précise et ordonnée, des milliers de fossiles. Les meubles à grands tiroirs font rêver. La diversité des fossiles superbement mis en valeur font l’admiration. Le laboratoire d’extraction est à la même image, bien organisé. Nous, visiteurs, avons été émerveillés.
– un repas festif offert par Nathalie. Rassasier 10 affamés n’était pas un simple défi : mission réussie, avec un repas délicieux.

Dimanche 8h00 « passées », 11°C, grand soleil, ciel bleu, pas de rosée. 18°C prévu au meilleur de la journée mais ressenti de 20 à 25°C selon la distance de la mer. Marée haute 11h45 avec un coefficient de 100.
De bonne heure (lol), et de très bonne humeur, chacun prend son petit déjeuner sur la terrasse, et se prépare avec enthousiasme pour profiter de la journée. Au programme, piscine, Villlers-sur-Mer, rendez-vous avec notre guide Alain, l’Oxfordien, les falaises des Vaches Noires, son histoire, sa plage, la réglementation pour la prospection sur site fragile et classé. Visite du Paléospace, pique-nique en attendant que la marée se retire pour permettre l’accès au site. Recherche.
La Paléospace présente le fruit des trouvailles essentiellement locales de paléontologues, ce qui montre la diversité du site et permet de se projeter avec optimisme dans les prochaines recherches.
La marée descendante, permet de dévoiler la plage et les falaises des Vaches Noires. C’est un site célèbre, d’une extrême beauté. Le promeneur de passage, quelques cueilleurs amateurs ou professionnels s’affairent de 13h à 19h. Les différents prospecteurs expliquent, renseignent ou récupèrent des infos.
La collecte est fructueuse. Elle a fourni des fossiles et des minéraux, extraits de blocs détachés ou ramassés sur la plage tels que : radioles d’oursins (massue ou fine), oursins, ammonites (pyritées ou non), bivalves, pectens, gastéropodes, éponges, rostres de bélemnites… quelques beaux galets, silex roulés, cristaux de pyrite.
De retour à notre gîte, un dîner, convivial en extérieur autour d’une plancha et en compagnie de notre ami Alain a clos cette journée marquée par une belle collecte, des paysages extraordinaires, un soleil radieux, de beaux coups de soleil, et une ambiance amicale.

Lundi 18 avril, 8h00 (largement dépassées), 11 °C, ciel couvert, vent du nord-ouest, bonne rosée, pleine mer à 12h avec un coefficient de marée important : 104
De (bonne) heure, et de très bonne humeur, chacun se prépare avec le même enthousiasme pour profiter de la journée…
Pourtant, c’est la dernière journée en Normandie ! Au programme : refaire les valises, répartir la vaisselle issue des 3 bungalows, nettoyer, faire l’état des lieux de sortie, tourisme et fouilles.
La visite commence par une ballade de Port-en-Bessin-Huppain, célèbre port de pêche de la co-quille Saint-Jacques avec ses nombreux chalutiers amarrés au port. Nous gagnons ensuite Sainte-Honorine-des-Pertes où les plus téméraires d’entre nous n’hésitent pas à faire trempette. Puis la mer s’étant retirée assez loin, l’accès au stratotype de Bajocien devient possible.
La falaise de Sainte-Honorine-des-Pertes, par la richesse des faunes préservées et notamment ses faunes d’ammonites, a été choisie en 1852 par d’Orbigny pour définir l’étage du Bajocien. Le stratotype se présente sous la forme d’un affleurement pointu : « l’aiguille des Hachettes », du nom de la faille qui le borde. Cette aiguille isolée par les processus d’altération montre une succession de formations sédimentaires avec, de la base vers le sommet : la Malière avec ses niveaux de silex noir à gris-vert, la couche verte, discontinue, la formation de l’Oolithe ferrugineuse de Bayeux, le Calcaire à spongiaires. Ces différentes unités sont séparées par des discordances ou surface d’érosion et ravinement appelées « surfaces de Sainte Honorine ». (voir https://planet-terre.ens-lyon.fr/ressource/Img673-2020-04-13.xml)

Comme le site est protégé, la cueillette de fossile se déroule plus loin sur la plage dans les couches d’oolithes ferrugineuses qui affleurent à marée basse. La plage et les falaises offrent un spectacle admirable.
La récolte a été surprenante. Des oncolithes, des galets et de nombreux fossiles (bivalves, ammonites, nautile, gastéropodes sont présents en grande quantité. La couche d’oolithes révèle une diversité et une densité fossilifère incroyables. Et comme dans toute sortie de la SMPD ; c’est dans les dernières 10 minutes que l’emplacement parfait, la pièce rare, apparaît ! Dans un méli-mélo de fossiles, Némo, tout chamboulé, vient de retrouver le frère jumeau DU NAUTILE, pièce magnifique, trop friable….

L’heure du départ a sonné.

Les participants remercient très sincèrement Philippe.
Son travail en amont, ses connaissances du terrain, ses explications abondantes, son don de voyance pour trouver les fossiles, sa patience, ses plannings hyper organisés, sa prévenance, ont apporté le succès à cette sortie.
Merci à Alain et Nathalie, nous vous devons une invitation à dîner, Merci à nous tous les prospecteurs-bénévoles dans l’intendance quotidienne, les chauffeurs, les co-pilotes,
Ces quatre jours ont été à l’image de la SMPD, conviviale, très intéressante, riche d‘informations et de partage.
Le mot de fin pour Marie-Jo : « ce style de sortie : était à faire, c’est à refaire »

Le stratotype historique du Bajocien

G. Fily et coll., 1989. Notice de la carte géologique de Grandcamp-Maisy au 1/50 000, BRGM

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